Exutoire - par Marie Novelli

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Rédigé le 18/01/2021
Par Martin Winckler (Marc Zaffran)
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À l'intention des facultés de santé, du gouvernement et de mes chers-chères camarades étudiants-es.



Sous prétexte de pouvoir sauver des vies, vous vous permettez d'en détruire.

Sous prétexte de pouvoir guérir, vous nous rendez malades.

Sous prétexte de vouloir nous élever, vous vous permettez de nous mépriser.



Votre maligne envie d'être reconnus vous pousse aux pires abus. 

Votre orgueil est tel, qu'il vous empêche d'en voir les conséquences.

Vos actes ne sont que le fruit de la rancœur, aggravée depuis tant d'années.



Il paraît impensable que la figure de l'altruisme fasse preuve d'une pareille violence.

Il paraît impensable qu'on nous force à apprendre mais plus à comprendre.

Il paraît inimaginable, que vous ignoriez celles et ceux tombés-es au combat.



Et pourtant, vous savez la souffrance que vous infligez, vous l'avez sûrement vécue.

Et pourtant, vous nous imprégnez de cette rancœur, de cette vile vengeance.

Mais voilà, chaque fois qu'on remonte dans ce manège, tout recommence.



C'est au détriment de ma santé mentale que je m’efforce de vous convenir.

C'est au détriment de mon dos et de ma vue, que je m’assieds assidûment devant votre leçon.

Cette santé : c'est quand même ce que vous avez décidé de protéger, non ?



Qu'est-ce qui vous a poussé à réciter le serment d'Hippocrate ?

Qu'est que qui vous pousse à maltraiter ainsi vos internes et stagiaires ?

Êtes-vous seulement conscients du taux de suicides dans la filière médicale ?



Vous sacrifiez des futurs soignants, qui n'aspiraient qu'à y mettre du cœur pourtant.

Vous oubliez que c'est nous, vos enfants, qui assurerons vos soins à l'avenir.

Nous sommes peut-être jeunes, mais vous ne vivrez jamais une telle année.



Une année où, même si on tient le coup, on se demande « Mais pour combien de temps ? »

Une année qui, malgré tout, nous crie : « on a besoin de vous aussi !» 

Il est temps que La France nous voit et nous écoute, de tout son cœur.



À vous mes amis, courage. Cette difficulté que vous éprouvez ne doit pas être tue.

À vous mes camarades, courage. On a beau se détester parfois, je vous aime. 

Merci d'être vous, avec vos failles et vos faiblesses, vos forces et vos passions, merci.



Marie