Covid-19 : la médecine générale toujours en première ligne et sans biscuits (sans centres d'appel et sans RT-PCR)

Covid-19 : la médecine générale toujours en première ligne et sans biscuits (sans centres d'appel et sans RT-PCR)

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Rédigé le 15/09/2020
Par JC GRANGE
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Rappelons les propos d'un réanimateur (Damien Barraud) : Le seul traitement correct (de la Covid-19 en réanimation) est le good supportive care. Et, éventuellement, un peu de dexaméthasone. Les antiviraux ne sauveront pas le malade que tu as par ailleurs noyé de salé par des hydratations inconséquentes ou de la sédation, ou de la ventilation mal fichue. 




Pour provoquer : la seule chose dont les médecins généralistes ont besoin en ce moment, ce sont des centres d'appel nombreux, efficaces, avec du personnel en nombre pour répondre aux appels des médecins généralistes qui demandent des tests pour les citoyens dont il juge qu'il est nécessaire de le faire.




Les plans de santé sans médecins généralistes : y en a marre !




Mais, dans le cas du Covid, il ne s'agit pas de médecine générale. Non. D'épidémiologie et de gestion administrative pour les citoyens symptomatiques, contacts, asymptomatiques.


Nous avons besoin de numéros de téléphones verts qui ne sonnent pas dans le vide, nous avons besoins de téléopérateurs/trices derrière les lignes téléphoniques, nous avons besoin de laboratoires d'analyses qui répondent au téléphone, nous avons besoin de matériel et de réactifs en nombres suffisants pour tester, tester, retester, les bonnes personnes. Nous avons besoin de consignes claires pour les mesures-barrières. Cibler, pooler, isoler.


Voici un schéma qui permet de clarifier les choses. Pour le consulter de façon correcte et pour rendre à César... C'est sur le blog ICI






Voici, sur le blog de Borée (LA) un algorithme Excel téléchargeable (je ne l'ai pas encore utilisé).


Et donc : 


Nous ne dirons pas que les délais pour obtenir un rendez-vous de RT-PCR s'allongent.


Nous ne dirons pas que les délais pour obtenir les résultats d'une RT-PCR s'allongent.


Nous ne dirons pas que c'est dû à la politique folle des ARS, de la CPAM, des élus (je veux mon Barnum) qui a décidé, pour faire du chiffre, pour pouvoir clamer "J'ai agi", pour que les chefs puissent être pris en photo devant un Barnum et que leurs binettes (on l'espère masquées) apparaissent dans Ouest-France, Sud-Ouest ou Le Parisien, tandis que les subordonnés in situ ne portent pas de masques en mangeant, à la machine à café ou dans des réunions présentielles fenêtres fermées, donc, nous ne dirons pas que l'allongement inconsidéré des délais d'obtention d'un rendez-vous de RT-PCR ou l'allongement inconsidéré des délais pour obtenir les résultats d'une RT-PCR sont la conséquence pratique du fait que, contrairement à toute politique de santé publique cohérente, contrairement à toute planification scientifique du dépistage, du traçage et de l'isolement des sujets potentiellement contaminateurs, les ARS, la CPAM et les élus ont dit : "Faites-vous tester, c'est gratuit !"


Nous ne dirons pas que les hypochondriaques, les peureux, les sensés, les non malades, les non symptomatiques, les sujets non à risques, les unijambistes, les porteurs d'un appareil acoustique se sont rendus en masse dans les laboratoires d'analyse médicale...


Nous ne dirons pas qu'ainsi, de façon mécanique, en raison de l'engorgement par les non malades, les non porteurs, ceux qui en avaient le plus besoin d'un point de vue de santé publique, c'est à dire les symptomatiques, les contacts de symptomatiques, les contacts de contacts de symptomatiques, n'ont pu avoir de rendez-vous, n'ont même pas pu entendre autre chose qu'un répondeur leur demander de renouveler leur appel.


La loi inverse des soins.


Et le numéro fourni par l'ARS Ile-de-France, celui réservé aux professionnels de santé pour qu'ils trouvent un endroit, dans les 48 heures avait-on promis, où leurs patients ciblés puissent ^tre testés, eh bien, je l'ai appelé toute la journée d'hier, il ne décrochait pas.


Donc, c'est le bordel.


Parlons des écoles.
Incise sur le désarroi probable des directeurs d'établissement, des enseignants en général, des administratifs, sur l'imprécision des directives et sur le flou des instructions données par les Ministères (Blanquer est très gratiné dans le style "je dis tout et je dis rien") à leurs salariés.
C'est le triomphe des initiatives locales fondés sur du vent. Et surtout pas sur une méthode dont le but serait de limiter la circulation du virus.


Les directeurs d'établissement et consorts demandent tout et rien aux médecins généralistes. Chacun improvise. Sans compter les crèches.




Les enfants de 0 à 3 ans : voir LA. Le document est d'une lourdeur infinie (38 pages).








Mais on y trouve une pépite. Une attestation sur l'honneur que peuvent et doivent remplir les parents (le médecin de famille n'a donc rien à rédiger). C'est une attestation pour les crèches mais on me dit que cela serait applicable aux établissements scolaires.






La médecine générale n'a pas besoin de faux prophètes, elle a besoin de moyens, de moyens pour faire son boulot, de moyens organisationnels, de moyens qui ne sont pas détournés au profit des élus et des administrations gouvernementales ou para gouvernementales. De consignes claires, également, pour la population. Pour les écoles, pour les entreprises, pour les transports en commun.


Simplifiez-nous la vie.


Créez de vrais centres d'appel. Avec du personnel.


PS du 17/09/20 . Je rajoute un schéma qui m'a été transmis par le @docteurmathieu et qui me paraît très utile (je viens de l'utiliser à l'instant).