Dragi Webdo n°367 : Kawasaki (HAS), psychiatrie (OMS), dépistage diabète/enfants (USPSTF), prix médicaments hommes/animaux, bactériurie asymptomatique, fluvoxamine

Rédigé le 19/09/2022
Dr Agibus

Bonjour, pour commencer, parlons du prix des médicaments. Une étude du JAMA internel medicine a comparé le prix des médicaments selon qu'ils soient en formule pour humains ou pour les animaux aux États Unis. De façon non surprenante (malheureusement), les produits pour humains étaient tous plus cher (40% plus cher par rapport à des pharmacies discount, et 5 fois plus chers par rapport au prix moyen). Les labos ont une bonne marge de manœuvre quand ils vendent leurs produits... Le billet de cette semaine sera court, bonne lecture !

1/ Infectiologie 

Le BJGP a publié une revue systématique comparant un traitement antibiotique versus pas de traitement dans la bactériurie asymptomatique des patients âgés en maison de retraite. Bien que le traitement réduise le portage bactérien, il n'y avait pas plus d'apparition d'infection symptomatique, de complication ou de risque de mortalité en cas d'absence de traitement. De plus, les patients traités avaient significativement plus d'effets indésirables. Donc, toujours pas d'indication au traitement.

Chez les patients immunodéprimés qui ne séroconvertissent pas après vaccination contre le Covid, il semble préférable d'effectuer les doses booster avec le même vaccin plutôt qu'en changeant de marque. Il faudrait donc préférer une vaccination homologue à une vaccination hétérologue (qui semble un peu plus efficace chez les sujets immunocompétents, cf ici)

La Cochrane s'intéresse à la fluvoxamine dans le traitement du Covid (on en avait déjà parlé ici et ). Cette revue systématique confirme que cet antidépresseur pourrait réduire le risque de mortalité globale à 1 mois, ainsi que le risque d'hospitalisation chez les patients avec un Covid modéré, de façon concordante avec les autres études. L'ANSM va-t-elle revoir son jugement?

2/ Psychiatrie

L'OMS a publié un rapport sur la santé mentale. La Covid a été responsable d'une augmentation de 25% de la prévalence des troubles anxieux et de la dépression. Un décès sur 100 est lié à un suicide survenant majoritairement avant 50 ans et les patients atteints de maladie mentale ont une espérance de vie réduite de 10 à 20 ans par rapport à la population générale. Une des explications est la stigmatisation et la discrimination subies par les patients atteints de maladie mentale. Ainsi, moins de 30% des patients avec psychose ou dépression reçoivent les soins mentaux appropriés. Un livre a été publié et revient sur les fausses idées en santé mentale du type "c'est normal d'être déprimé quand on est vieux" ou "c'est un enfant, il ne peut pas avoir de dépression". En ce qui concerne les soins somatiques, ce n'est pas ça non plus parce qu'on a du mal à prendre ces patients en charge (on en avait parlé ici). Bref, y'a du boulot...

3/ Pédiatrie

La HAS a publié un guide concernant la maladie de Kawasaki. Elle rappelle les critères (5 nécessaires dont la fièvre): fièvre > 5 jours, ADP cervicale > 1,5cm, éruption cutanée polymorphe (souvent morbiliforme), hyperhémie conjonctivale, atteinte des extrémités (érythème des paumes, oedème, desquamation), et atteinte buccale (langue framboisée, chéilite, énanthème). Les signes ne sont pas forcément synchrones et peuvent apparaitre sur 1 à 2 semaines après le début de la fièvre. La présence d'un syndrome inflammatoire biologique aide au diagnostic. Les principaux diagnostics différentiels sont la rougeole (si enfant non vacciné++), la scarlatine et une réaction allergique. Le PIMS peut aussi être un diagnostic différentiel, mais touche principalement les enfants de plus de 5 ans et donne des signes digestifs importants (Kawasaki plutôt entre 1 et 5 ans et peu de signes digestifs). Le traitement reposant sur des immunoglobuline, il faut adresser aux urgences. En cas d'atteinte coronaire, le traitement par aspirine est parfois indiqué à vie.



4/ Diabétologie

L'USPSTF a publié des recommandations concernant le dépistage du diabète de type 2 et du pré-diabète chez l'enfant. Les auteurs retrouvent qu'il n'y a pas suffisamment d'études pour évaluer la balance bénéfice-risque de ce dépistage. Il y avait 2 études de faible taille évaluant le bénéfice, mais aucune n'a mis en évidence que le dépistage réduisait significativement le risque d'acidocétose. Les risques du dépistage n'ont jamais été évalués...



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