Dragi Webdo n°303 : Covid, dépistage des cancers, alopécie, violences, troubles fonctionnels intestinaux, endométriose, Bang !

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Rédigé le 07/03/2021
Par Pétronille
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Bonjour tout le monde, après ce weekend riche en vaccinations, voici les actualités que nous avons sélectionnées pour vous. Dans ce numéro, beaucoup de clinique (ça fait du bien !). Bonne lecture !  

Pour commencer, un peu de pharmacovigilance avec cette étude suédoise qui a montré un sur-risque (RR 1,57 pour les CSI forte dose) d'ostéoporose chez les patients atteints de BPCO utilisant des corticostéroïdes inhalés. Pour continuer, comme DrAgibus adore les statines, cetarticlerappelle qu'il faut calculer les scores de risque cardiovasculaire pour prescrire en accord avec les recommandations de bonne pratique.  

1/ Dermatologie

Cette semaine, le JAMA revient sur l'alopécie en soins premiers:

  • L'article propose un traitement par minoxidil topique dans l'alopécie androgénétique avec des effets indésirables tels qu'une pilosité faciale décrite chez les femmes ou une perte de poils initiale. Le finasteride est également proposé chez les hommes. 
  • L'effluvium télogène doit quand à lui faire rechercher une cause secondaire avec une facteur déclenchant survenu le plus souvent 2 à 4 mois auparavant : maladie aiguë ou chronique grave ; chirurgie majeure ; maladie de la thyroïde ; grossesse ; anémie ferriprive ; malnutrition ; perte de poids rapide ; carence en vitamine D ; certains médicaments (le plus souvent le lithium, le valproate de sodium, la fluoxétine, la warfarine, le métoprolol, le propranolol, les rétinoïdes et l'isoniazide ; et l'arrêt des pilules contraceptives orales contenant des œstrogènes). a perte de cheveux peut durer jusqu'à 6-9 mois, patience, donc. Là aussi, le minoxidil peut être proposé si la gène est importante.
  • L'alopécie focale peut être liée à une maladie auto-immune. La repousse spontanée survenaient dans 30% des cas. Le traitement peut comprendre de l'acétone de triamcinolone, des dermocorticoïdes, le minoxidil, l'anthraline ainsi que des inhibiteurs de la janus kinase en cas de maladie grave.  (L'article parle des soins premiers mais franchement, la moitié des traitements proposés pour l'alopécie focale n'est pas connue classiquement des généralistes...) 

2/ Oncologie

Après l'avis de l'Académie de médecine sur le dépistage des cancers pulmonaires (pour rappel "c'est pas recommandé mais pourquoi pas" et on en avait parlé ici, et encore pour l'infographie), voici les recommandations des sociétés savantes d'oncologie thoracique, de pneumologie et d'imagerie thoracique. Les auteurs recommandent une tomodensitométrie faible dose pour les patients âgés entre 50 et 74 ans fumeurs ou sevrés récemment et avec information éclairée. L'examen est proposé tous les 2 ans maximum (les 2 premiers scanners étant espacés de 1 an). Ça semble quand même beaucoup pour le faible niveau de preuve pour ce dépistage... (merci @totomathon pour l'article!)



Une revue de la littérature a regardé le bénéfice des mammographies montrant une réduction de la mortalité par cancer du sein uniquement pour la tranche d'âge 50-69 ans (138 à 483 décès évités pour 100 000 femmes invitées au dépistage) avec un risque de surdiagnostic dans toutes les tranches d'âge. 

De l'oncologie encore, mais cette fois en pédiatrie : les britanniques ont mis à disposition des médecins généralistes des outils pour repérer les cancers de l'enfant et notamment les symptômes qui doivent amener à rechercher un cancer pédiatrique:

  • leucocorie, perturbation de la vue, strabisme récent
  • Palpation d'un masse
  • Distension abdominale, organomégalie, constipation réfractaire
  • Infections virales récurrentes, perte de poids, sueurs nocturnes
  • Céphalées, vomissements matinaux, changement de comportement, mouvements anormaux, instabilité
  • Pâleur, saignements, hématomes anormaux
  • Hématurie, dysurie
  • Douleur osseuse, douleur du dos, boiterie 




3/ Gynécologie

Cet article du Lancet fait le point sur l'endométriose. Touchant 5 à 10% des femmes en âge de procréer, elle provoque des douleurs pelviennes pendant et hors des règles (dont des dyspareunies profondes) ainsi qu'une infertilité. Des processus inflammatoires associés seraient responsables d'autres atteintes :  troubles de l'humeur (anxiété, dépression), majoration de la douleur centrale, augmentation du risque cardiovasculaires, faible IMC, asthénie... Les examens complémentaires à réaliser sont l'échographie et l'IRM pelvienne (endométriomes, fibromes, adénomyose (qui peuvent co-exister) ou d'autres masses annexielles). Les traitements proposés sont les AINS à visée symptomatique et les contraceptions oestre-progestatives en continu ou progestatives en continu. En cas d'échec, un traitement plus lourd peut être envisagé (analogues de la GnRH, inhibiteurs de l'aromatise, analogues aux androgènes). En dernière intention, un traitement chirurgical partiel (ablation des lésions d'endométriose) ou total (hystérectomie +/- annexectomie) est une option thérapeutique. Les auteurs envisagent dans le futur des thérapies ciblées agissant spécifiquement sur les processus inflammatoires, on attend les études ! Tout ceci est cohérent avec les recos actuelles (cf ici)



4/ Gastro-entérologie

Après la revue parue dans le Lancet dont on avait parlé ici, le JAMA s'est intéressé aux troubles fonctionnels intestinaux. On ne revient pas sur les critères diagnostiques cliniques et para cliniques qui sont similaires entre les deux papiers (logique). Les auteurs rappellent qu'il n'y a pas de preuve solide sur l'indication de la coloscopie en cas de suspicion de troubles fonctionnels en l'absence de signe d'alerte (modification récente du transit, anémie, carence martiale, amaigrissement, présence de sang dans les selles). Globalement, les propositions thérapeutiques sont similaires: les mesures hygiénodiététiques comprennent de l'activité physique et l'apport de fibres alimentaires, ainsi qu'un régime réduit en FODMAP en cas de persistance des symptômes malgré un niveau de preuve faible. Les traitements sont symptomatiques : laxatifs en cas de constipation, antispasmodiques, opioïdes en cas de diarrhée et une prise en charge psychologique (TCC) si besoin. L'article discute l'efficacité des probiotiques qui semble mineure avec de vrais effets indésirables d'infections graves décrites. Enfin, pour certains patients souffrant de dyssynergie, la rééducation pelvienne peut être efficace. 





5/ Violences

On avait parlé des recommandations de la HAS sur le dépistage et la prise en charge des violences iciune étude a permis de valider la version française du WAST (Woman Abuse Screening Tool) pour dépister les violences conjugales faites aux femmes, avec une sensibilité de 97,7% et une spécificité de 97,1% ainsi qu'une bonne acceptabilité du test pour les femmes. 







6/ L'article quali de la semaine


Cet article qualitatif a exploré les attentes de parents canadiens ayant eu un diagnostic de bronchiolite pour leur enfant. Les parents interrogés ont fait part de leur anxiété concernant la bronchiolite (peur de ne pas reconnaitre les symptômes, de consulter pour rien, de la mort ou d'une maladie respiratoire chronique sous jacente), anxiété persistante longtemps après leur sortie témoignant également un besoin de consignes claires et de réassurance, par oral et par écrit sur les symptômes devant amener à consulter. 


7/ Covid

La vaccination s'intensifie et tous les acteurs de santé sont impliqués. A compter du 15 mars, les pharmaciens, les IDE et les sage-femmes pourront vacciner. Les indications prioritaires ont changé cette semaine et la HAS recommande désormais de vacciner également les patients souffrant de maladies hépatiques chroniques et en particulier la cirrhose, atteints de troubles psychiatriques (vu le niveau de précision et la prévalence des troubles anxiodépressifs, on pourrait donc vacciner quasiment tout le monde), les personnes atteintes de démences ains que les personnes présentant un antécédent d’accident vasculaire cérébral. Elle rappelle que la vaccination n'est pas contre-indiquée chez la femme enceinte. Pour aider à la décision, le CNGE propose un outil d'aide à la décision utilisable pour le vaccin AstraZeneca. 

Concernant les traitements : l'ivermectine ne marche pas et l'azithromycine ne semble pas fonctionner plus. Le Bamlanivumab, prôné par les mails DGS, ne semble pas non plus convaincre la société française de pharmacologie et de thérapeutique. Bref, rien de nouveau sous le soleil.

 8/ Le jeu du mois : Bang!

"Bang!" est un jeu familial d'ambiance dans lequel chaque joueur interprète un rôle tenu secret dans un univers western. Vous pourrez donc être shérif, adjoint, bandit ou renégat et allez tenter d'accomplir votre mission : abattre le shérif pour les bandits et abattre les bandits pour le Shérif et ses adjoints. Il faudra donc découvrir qui est qui pour faire des alliances efficaces (sauf pour le renégat qui est seul contre tous...) Il s'agit d'un jeu dans lequel on pioche des cartes d'action pour tirer, esquiver, changer d'armes, boire de la bière etc... Il y a ainsi beaucoup d’interactions, et un peu de hasard aussi lors que la dynamite est posée devant vous et que votre survie dépendra de la prochaine carte que vous allez piocher. Bref, c'est un jeu simple est immersif qui permet de passer de bons moments !



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@DrePetronille (et @Dr_Agibus pour le jeu du mois et la relecture)