«Nous avons dû placer des vigiles pour interdire l’accès des jeunes mères à l’hôpital Trousseau»

«Nous avons dû placer des vigiles pour interdire l’accès des jeunes mères à l’hôpital Trousseau»

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Rédigé le 02/12/2019
Par jeanyvesnau
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Bonjour

Il gèle sur la France. La colère gronde au sein de l’hôpital public et l’hôpital se ferme sur lui-même. Qui blâmer ?

On lit, dans  Le Monde (François Béguin et Isabelle Rey-Lefebvre), des choses comme celle-ci : « Une dizaine de jeunes mères sans abri et leurs enfants refoulés d’un hôpital parisien où ils étaient venus chercher refuge… La scène, qui s’est déroulée mercredi 27 novembre, à l’hôpital Trousseau, dans le 12e arrondissement, est révélatrice d’une crise sans précédent. Mercredi soir, à Trousseau, l’annonce de l’ouverture de soixante places gérées par le 115 a ainsi provoqué un « ‘’appel d’air’’, suscitant l’arrivée de nombreuses familles.’

Qui blâmer ? Explications de l’AP-HP : « Une fois la capacité maximale du centre d’accueil atteinte, l’hôpital a été contraint de placer des vigiles devant le hall hall de l’hôpital en interdisant ainsi l’accès en raison des risques posés pour les patients hospitalisés ». On ajoute que le hall d’un hôpital n’a« pas les conditions requises pour être un lieu d’hébergement ».

Le Monde : Un nombre croissant de jeunes femmes venues de pays en guerre et d’Afrique subsaharienne, très souvent enceintes ou mères de jeunes enfants, se retrouvent à la rue en Ile-de-France et dans quelques grandes métropoles, en raison de la totale saturation des dispositifs d’éhergement d’urgence Gilles Petit-Gats, directeur de la Coordination de l’accueil des familles demandeuses d’asile, gérée par le Centre d’action sociale protestant :« Nous estimons à 146 le nombre de bébés nés dans la ruecette année, alors qu’ils n’étaient que 100 en 2018 et 49 en 2017. La progression est fulgurante ».

« Elles ne sont ni hospitalisées ni hébergées »

Bruno Morel, directeur d’Emmaüs Solidarité :  « Il y aurait aujourd’hui, en Ile-de-France, 700 enfants à la rue. Ils y resteraient entre deux et cinq mois, parfois plus. 75 % des 2 000 personnes que nous accueillons chaque mois à notre centre du 15e arrondissement de Paris  passent la nuit dehors, dans les gares, les halls, sous tente, dans le métro, dans les hôpitaux ;15 % ont un toit pour une ou quelques nuits et seuls 10 % un hébergement pérenne. »

Le Monde : Chaque nuit, près d’une centaine de femmes ayant accouché trouvent refuge dans les treize maternités de l’AP-HP. Certaines sont « mises à l’abri » dans des lits d’hospitalisation, comme à Robert-Debré (Paris 19e), où elles occupent un quart des lits de la maternité, tandis que d’autres se retrouvent tolérées dans un bout de couloir, généralement à même le sol. « On leur permet de rester mais elles n’ont aucun statut : elles ne sont ni hospitalisées ni hébergées », explique-t-on à la direction du groupe hospitalier où cette situation est jugée « insupportable » pour les femmes et leurs bébés, mais aussi pour les soignants et le personnel hospitalier. Qui pourrait supporter? Qui blâmer ?

A la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), Sophie Le Goff, médecin à la permanence d’accès aux soins, décrit ainsi au Monde la situation « sordide » d’une jeune femme « qui a accouché en août par césarienne et dort actuellement dans un couloir au rez-de-chaussée de la maternité avec d’autres mamans et bébés, à même le sol, avec deux draps ». Pour se nourrir, elle « n’a accès à aucun repas sauf, le soir, aux restes des plateaux des patientes hospitalisées ». Faudrait-il préciser que les « séjours à la rue » s’accompagnent souvent de tragédies : sous-nutrition des enfants, maladies, violences, viols. 

Qui féliciter ? Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales (sic) a, jeudi 28 novembre, convoqué une réunion de crise avec les associations et le préfet de région Michel Cadot. Les crédits des nuits hôtelières pour 2019, déjà consommés fin octobre, vont bénéficier d’une rallonge. Et l’AP-HP a, le 1er juillet, mis à disposition 174 places pour les femmes qui viennent d’accoucher, dans l’ancien hôpital La Rochefoucauld (14arrondissement). Lui aussi, depuis le 20 août, affiche complet. Et fin mars, il est prévu qu’il ferme ses portes.

Continuera, alors, à geler sur la France ?

A demain @jynau