L'homéopathie suite mais pas fin

L'homéopathie suite mais pas fin

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Rédigé le 10/07/2019
Par Flora Fischer (Docteur F)
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Les fronts ont continué de s'organiser pour ou contre le remboursement de l'homéopathie. D'un côté les opposants : des collectifs de médecins, des écrivains médecins et blogueurs, des journalistes et économistes de la santé et de l'autre différentes personnalités comme des sportifs ou des politiques…
Avec un soutien pour le moins étonnant : celui de l'ancien ministre de la santé Xavier Bertrand qu'on avait pu découvrir en photos sur les réseaux sociaux tenant une pancarte indiquant le hashtag monhoméomonchoix.


A ceci près qu'il ne s'agit pas de choix mais d'utilisation de l'argent de l'état, l'argent de nous tous, de l'argent qui ne va donc pas aux urgences, aux EHPAD ou dans l'organisation de la psychiatrie...


Il n'a jamais été question de dénigrer ou d'interdire l'homéopathie mais juste de rappeler les conditions de remboursement des médicaments. On ne peut confondre utilité et efficacité sur le plan scientifique. Je fais volontiers prendre des gélules d'arnica la veille de gestes esthétiques comme les injections d'acide hyaluronique mais j'ai toujours estimé que ce n'était pas à la sécurité sociale de prendre en charge leur remboursement.


J'ai eu la chance de pouvoir m'exprimer sur l'homéopathie dans un article (1) en octobre 2018 où je disais ceci entre autres :
En dermatologie, certains topiques aux substances actives n'ont jamais bénéficié d'un remboursement. Nombre de médicaments comme les veinotoniques ont été déremboursés pour service médical insuffisant. Ils n'ont pas montré d'efficacité thérapeutique satisfaisante. Nombre de soins médicaux et paramédicaux ne sont pas remboursés comme la psychomotricité libérale.


Alors, en l'absence de preuve scientifique apportée, de supériorité de l'effet de la molécule par rapport à un placebo, est-ce bien à la solidarité nationale de prendre en charge, même en partie, l'homéopathie? Est-ce bien rationnel et cohérent? Cela ne représente certes que 128 millions d'euros, une paille, par rapport aux autres dépenses mais une paille qui chatouille et on s'orienterait vers le "non" semble-t-il.
C'est une question très philosophique. Certains praticiens estiment aussi que c'est bafouer l'éthique du soin que d'encourager la prescription de substances sans effet pharmacologique démontré, c'est mentir au patient. C'est faire un pied de nez à tous les chercheurs qui ont passé des années sur leur microscope à trouver un principe capable d'améliorer notre santé, notre espérance de vie. Certains professionnels de santé redoutent le raccourci: médicament remboursé donc validé et indiqué. 


La haute autorité de santé a récemment sans surprise voté son déremboursement (2) et les discussions ont continué. Il a été question de poursuivre le remboursement de l'homéopathie seulement en partie (3).
Mais il semblerait que le déremboursement ait finalement été adopté (4). 
Cerise sur le labo, comme on n'a pas besoin d'argent tout de suite dans le domaine de la santé, le déremboursement total n'aura lieu qu'en 2021.


Ce déremboursement ne sonne bien sûr pas le glas de l'homéopathie aux millions d'adeptes, contrairement aux idées reçues. De nombreuses méthodes concourant au bien être et à la santé des gens sont déjà utilisées sans pour autant peser sur nos dépenses de santé : la méditation, l'aromathérapie...


Ce déremboursement va permettre de communiquer sur l'homéopathie, en publiant des articles, en faisant de la publicité, en la replaçant sur l'échiquier thérapeutique et en mettant en lumière ses bienfaits même s'il ne peut demeurer de lien avec la sécurité sociale. D'une manière générale, il ne faut pas laisser penser que ce lien est sacré et qu'il signe forcément l'utilité.