Dragi Webdo n°233 : PrEP (HAS), dépistage alcool (CNGE), mesure TA et risque cardiovasc., prophylaxie soins dentaires, monoxyde de carbone, canicule

Dragi Webdo n°233 : PrEP (HAS), dépistage alcool (CNGE), mesure TA et risque cardiovasc., prophylaxie soins dentaires, monoxyde de carbone, canicule

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Rédigé le 23/06/2019
Par Dr Agibus
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Bonjour tout le monde ! Il n'y a pas énormément de choses qui aient attiré mon attention cette semaine, alors ça ne devrait pas être trop long. Bonne lecture ! 


1/ Pharmacovigilance


Pour commencer l'ANSM, reclasse le flurbiprofène en médicament nécessitant une ordonnance compte tenu des effets indésirables supérieurs. Bref, en rester à l'ibuprofène si on prend un AINS, c'est bien (ou au naproxène).


L'ANSM toujours, annonce le retrait de l'AMM de la méphénésine (Décontractyl*) à partir du 28 juin, devant les faibles bénéfices et l'augmentation des signalements d'effets indésirables.




2/ Cardiovasculaire


Lors du calcul d'un score de risque cardiovasculaire, quelles valeurs de mesure de tension utiliser? Normalement, c'est la valeur au cabinet qui est utilisée. Cette étude du BJGP a réanalysé 2 cohortes de patients en prévention primaire. Quand la tension artérielle était mesurée en automesure, seuls 3,6% des patients étaient classés à risque plus élevé qu'avec les mesures au cabinet et 2,8% étaient classés à risque plus faible. Les différences sont donc minimes, avec un risque plus élevé de surestimation du risque que de sous estimation.




3/ Infectiologie


Après les recommandations américaines sur la PrEP de la semaine dernière, la HAS produit également une fiche de bon usage de ce traitement. Bien que la prescription initiale soit réservée aux spécialistes, on peut quand même proposer et adresser les patients suivants: HSH avec 2 partenaires sans préservatifs dans les 6 mois, HSH avec antécédent d'infection sexuellement transmissible dans les 12 derniers mois, HSH ayant eu recours à un traitement post-exposition dans les 12 mois, HSH utilisant des drogues durant les rapports. Elle peut être proposée également pour les travailleurs du sexe, les usagers de drogues injectables partageant des seringues et les personnes ayant une vulnérabilité pouvant exposer à des rapports à haut risque de transmission par le VIH (c'est assez flou, cette dernière catégorie). La HAS confirme les 2 schémas possibles: 1 cp par jour en prise continue ou en prise séquentielle (entre 24h et 2h avant le rapport puis 24h après et encore 24h après).




Une étude du JAMA revient sur les prescriptions prophylactiques d'antibiotiques avant des soins dentaires. Dans cette étude de cohorte, les auteurs ont retrouvé que 80 % des prophylaxies n'étaient pas justifiées. Pour mémoire, les prophylaxies sont indiquées en cas de prothèse valvulaire ou valvuloplastie, cardiopathie congénitale cyanogène et transplantation cardiaque avec valvulopathie. Ce n'est plus recommandé en cas de prothèse articulaires.




4/ Toxicologie


Le conseil scientifique du Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE) revient sur l'intérêt d'un dépistage systématique de la consommation d'alcool notamment par une intervention brève. Les questionnaires FACE, audit-C et DETA sont proposés. Les auteurs reviennent également sur l'importance de la non stigmatisation des patients. (J'avais écris un billet sur l'alcool par ici.)


On n'est plus en plein hiver mais les intoxications au monoxyde de carbone sont aussi présentes en été avec les barbecues. Le BMJ  nous parle donc de ces risques. Quand on y pense, le diagnostic et le traitement ne sont pas très complexes, mais encore faut il y penser et rechercher une exposition pouvant provenir: de cuisinières, de chaudières, de feux et feux de cheminée, de générateurs portables, de chauffages au gaz, de bruleurs d'énergies fossiles, de barbecues et des cigarettes.




5/ Rhumatologie


Une étude du JAMA internal medicine s'est intéressée aux risques compétitifs de fracture du col du fémur et de mortalité chez des patientes de plus de 80 ans. Les auteurs retrouvent que chez ces patientes, le risque de fracture de hanche relativement est élevé (13%) par rapport au risque de mortalité (25%) à 5ans en cas d'ostéoporose ; en revanche, le risque de fracture était plutôt faible (4%) par rapport au risque de mortalité (19%) chez les patientes sans ostéoporose. Plus les patientes avaient un nombre de comorbidité élevé, plus le risque de mortalité était important et le risque de fracture faible. Ainsi, chez les patientes de plus de 80 ans, un risque de fracture élevé ne devrait peut-être pas entrainer l'introduction d'un traitement en l'absence d'ostéoporose avérée.




6/ Diabétologie


Pour finir, parlons diabète et cholestérol avec un article du JAMA. Une étude transversale de 100 patients diabétiques a retrouvé une association entre des signes de neuropathie des membres inférieurs aux explorations électrophysiologiques et la baisse du cholestérol (total, LDL et HDL). Cependant, cette étude ne prend pas en compte un certain nombre de facteurs de confusion (un diabète plus sévère ou plus ancien a pu être traité plus agressivement vis à vis du cholestérol pour "mieux contrôler" les risques cardiovasculaires) et devant le bénéfice des statines sur la mortalité et les accidents vasculaires non mortels, il est probable que le bénéfice de la baisse du cholestérol  soit supérieur au risque de majoration de neuropathie diabétique sur un critère électrophysiologique et non clinique (au moins une perte de sensibilité au monofilament, au mieux la survenue de mal perforant ou d'amputations).




Bon dimanche à tous et en attendant la semaine prochaine, faites attention aux fortes chaleurs !


@Dr_Agibus