Dragi Webdo n°358 : antidépresseurs (ANSM), échographie en médecine générale/pneumopathie, bithérapie HTA (Cochrane), dépistage troubles visuels (USPSTF), diabète gestationnel

Rédigé le 31/05/2022
Dr Agibus

Bonjour ! Merci à tous pour les messages et les dons à la cagnotte, ça fait très plaisir ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !



1/ Pharmacovigilance

L'ANSM rappelle les risques d'allongement du QT avec le citalopram et l'escitalopram. Ils sont contre-indiqués en co-prescription avec certains antibiotiques, certains anti-histaminiques, les anti-arythmiques, les neuroleptiques et les antidépresseurs tricycliques. De plus, il faudrait les éviter en cas d'infarctus du myocarde récent, d'insuffisance cardiaque et de bradycardie significative. Bref, il existe des antidépresseurs à privilégier avant d'utiliser ceux ci (cf ici)



2/ Exercice médical

Deux études d'Annals of family medicine parlent de l'échographie en médecine générale. La première est une étude mixte concernant la place de l'écho en MG. Les participants ne déclaraient l'utiliser que pour un nombre restreint de situations pour lesquelles ils devaient avoir reçu une formation spécifique afin d'être compétents. L'utilisation était généralement ciblée selon les hypothèses diagnostiques et non exploratoire. Les médecins effectuaient généralement des échographies dans les domaines de la gynécologie, des troubles musculo-squelettiques, pathologies abdominales, lésions sous cutanées, pathologies pulmonaires, pathologies cardiaques et pour la recherche de phlébites.

La deuxième concerne l'utilisation de l'échographie dans les suspicions de pneumopathie en MG. 21 généralistes et 7 pédiatres ont inclus 82 patients avec suspicion de pneumopathie à l'échographie (consolidation de plus de 1cm ou patron de lignes B focales ou asymétriques). Par rapport à la radiographie thoracique prise comme gold standard (ce qui est un point discutable), l'écho avait une sensibilité de 88%, une spécificité de 59%, un rapport de vraisemblance (RV) positif de 2.12 et un RV négatif de 0.21. Ainsi, les auteurs ont proposé l'algorithme suivant:



3/ Infectiologie

Concernant la Monkeypox, la HAS recommande une vaccination dans les 4 jours après un contact (max 14 jours) avec un schéma à 2 doses (vaccin antivariole: Imvanex) chez les professionnels de santé. Cliniquement la maladie se déclare avec de la fièvre, des céphalées et des adénopathies, puis l'éruption arrive en une seule poussée et peut atteindre les paumes et les plantes (ce qui n'est pas le cas de la varicelle). Elle dure environ 2 à 3 semaines et n'est plus contagieuse au stade de la chute des croutes.



4/ Cardiovasculaire

Alors que les recommandations dans l'HTA sont d'initier le traitement par une bithérapie, la Cochrane a étudié le bénéfice de cette bithérapie initiale versus une monothérapie. Les auteurs concluent qu'il n'y a aucun bénéfice démontré sur des critères de mortalité ou d'évènements cardiovasculaires et que les recommandations ne s'appuient pas sur des essais cliniques puisqu’il n'existe pas de bénéfice mis en évidence dans ces essais.



5/ Ophtalmologie

Deux articles du JAMA rapportent les décisions de l'USPSTF concernant le dépistage des troubles visuels. D'une part, le niveau de preuve est insuffisant pour évaluer la balance bénéfice/risque du dépistage du glaucome chronique chez les patients asymptomatiques de plus de 40 ans. Notons que le glaucome est la 2ème cause de cécité aux États-Unis, et la 1ère pour les patients d'origine africaine et hispanique. Le 2ème article concerne l'avis de l'USPSTF concernant le dépistage des troubles visuels systématiques chez les patients asymptomatiques de plus de 65 ans et il n'y a pas non plus de possibilité d'évaluer la balance bénéfice/risque de ces dépistages. Cependant, on peut estimer à 50% les personnes de plus de 75 ans souffrant de cataracte, à 13% celles souffrant de DMLA, et il est difficile d'avoir la prévalence des troubles de réfraction, ce qui laisse peu de personnes de plus de 65 ans asymptomatiques...



6/ Gynécologie

Le BMJ a publié une revue systématique sur le diabète gestationnel. Le fait d'avoir un diabète gestationnel sans recours à l'insuline augmentait le risque relatif d'un recours à une césarienne de 16%, d'accouchement prématuré de 51%, d'APGAR faible à 1 minute de 43% (mais pas à 5min), de macrosomie de 70%. En cas de recours à l'insuline, le risque relatif de détresse respiratoire était augmenté de 61%, celui d'ictère néonatal de 28% et celui d'admission en soins intensif néonatal de 129%. Il n'y avait pas plus de pré-éclampsie, de dystocie des épaules, d'hémorragies du post-partum, de bébé morts-nés, de malformations ou d'APGAR faible à 5min.



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A la semaine prochaine,

@Dr_Agibus (et @DrePetronille pour la relecture)